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Escarres : prévention, traitement et prise en charge complète

Escarres : prévention, traitement et prise en charge complète

Mis à jour le 26 juin 2026

Une escarre est une plaie cutanée causée par une compression prolongée des tissus, souvent chez les personnes âgées alitées ou peu mobiles. Elle se traite par des soins locaux adaptés, un soulagement de la pression et, dans les cas sévères, une prise en charge médicale pluridisciplinaire. Les soins infirmiers et de kinésithérapie nécessaires sont remboursés par la Sécurité sociale, et une bonne mutuelle senior peut couvrir le reste à charge.

De quoi parle-t-on ?

Une escarre (aussi appelée « plaie de pression » ou « ulcère de pression ») est une lésion cutanée et sous-cutanée qui se forme lorsqu'une pression prolongée comprime les vaisseaux sanguins d'une zone du corps, privant les tissus d'oxygène.

Qui est concerné ?

Les escarres touchent principalement :

  • Les personnes âgées alitées de façon prolongée (hospitalisation, convalescence)
  • Les personnes atteintes d'une pathologie neurologique limitant la mobilité (AVC, maladie de Parkinson, paraplégie)
  • Les personnes souffrant de dénutrition ou de déshydratation
  • Les patients en soins palliatifs ou en soins intensifs
  • Les seniors en perte d'autonomie à domicile

Les zones à risque

Les escarres se forment de préférence sur les zones osseuses saillantes soumises à une pression continue :

  • Talons, malléoles et chevilles
  • Coccyx et sacrum
  • Hanches et trochanters
  • Omoplates et coudes
  • Nuque et occiput (en cas de position allongée prolongée)

Les quatre stades de gravité

  • Stade 1 : rougeur persistante sur une peau intacte (ne blanchit pas à la pression)
  • Stade 2 : phlyctène (cloque) ou abrasion superficielle de la peau
  • Stade 3 : perte de substance cutanée atteignant la couche graisseuse
  • Stade 4 : destruction profonde atteignant les muscles, tendons ou os

Plus le diagnostic est précoce, plus le traitement est simple et efficace. Seul un professionnel de santé peut évaluer le stade et prescrire la prise en charge adaptée.

> Important : ce guide est informatif. Il ne remplace en aucun cas l'avis d'un médecin ou d'une infirmière pour l'évaluation et le traitement d'une escarre.

Symptômes et situations à risque

Reconnaître les premiers signes

Les symptômes varient selon le stade de l'escarre :

  • Rougeur localisée qui ne disparaît pas après quelques minutes de décompression
  • Chaleur ou induration (durcissement) de la zone touchée
  • Douleur ou, au contraire, absence de sensibilité (signe d'alerte en cas de neuropathie)
  • Phlyctène, croûte noire ou plaie ouverte à un stade plus avancé
  • Odeur désagréable pouvant indiquer une infection ou une nécrose

Facteurs de risque principaux

  • Immobilité prolongée : alitement, fauteuil roulant sans changement régulier de position
  • Fragilité cutanée : la peau vieillit et perd en élasticité et en hydratation avec l'âge
  • Dénutrition et déshydratation : appauvrissent les tissus et ralentissent la cicatrisation
  • Incontinence urinaire ou fécale : macère la peau et favorise les infections
  • Pathologies chroniques : diabète, insuffisance vasculaire, AVC — et plus généralement toute affection de longue durée (ALD) qui réduit la mobilité
  • Pression ou frottement : surfaces dures, plis de draps, appareillages mal adaptés

Prévention : les gestes essentiels

La prévention est la meilleure des stratégies. Les professionnels de santé recommandent :

  • Changer de position régulièrement : toutes les 2 heures pour une personne alitée, toutes les heures en fauteuil
  • Utiliser des supports adaptés : matelas anti-escarres, coussins de positionnement
  • Maintenir une hygiène et une hydratation cutanée rigoureuses
  • Surveiller l'alimentation : protéines et hydratation suffisantes
  • Faire évaluer le risque par un professionnel (échelle de Braden ou de Norton) à chaque hospitalisation

Ces mesures s'inscrivent souvent dans un plan de soins global, en lien avec le médecin traitant, l'infirmière à domicile et, le cas échéant, les aidants familiaux.

Certaines personnes souffrant d'une perte d'autonomie importante peuvent également présenter une dépression liée à l'âge ou à la dépendance, qui aggrave l'isolement et l'immobilité : un suivi psychologique est alors recommandé en parallèle.

La prise en charge des escarres

Le traitement médical : principes généraux

Le traitement d'une escarre repose sur plusieurs axes, définis par le médecin et l'équipe soignante :

  1. Soulagement de la pression : repositionnement, matelas et coussins thérapeutiques
  2. Soins locaux de la plaie : nettoyage, détersion (élimination des tissus nécrosés), pansements adaptés (hydrocolloïdes, alginates, mousses…)
  3. Traitement de l'infection si présente (antibiotiques sur prescription médicale)
  4. Prise en charge nutritionnelle : complémentation protéique, hydratation
  5. Chirurgie dans les cas les plus sévères (stades 3-4) : parage chirurgical, greffe ou lambeau de couverture

Seul un médecin peut établir le protocole de soins adapté à chaque situation.

Ce que rembourse la Sécurité sociale

La prise en charge des escarres mobilise plusieurs types de soins remboursés par l'Assurance maladie :

  • Soins infirmiers à domicile (SSIAD / infirmière libérale) : les actes infirmiers (pansements, détersion, surveillance) réalisés sur prescription médicale sont remboursés par la Sécu. Le taux de remboursement est de 60 % du tarif conventionné pour les actes infirmiers ; les bases de remboursement exactes par acte sont disponibles sur ameli.fr.
  • Kinésithérapie : indispensable pour limiter les complications liées à l'immobilité (rétractions, atrophie musculaire). Sur prescription, remboursée par la Sécu à 60 % du tarif conventionné.
  • Hospitalisation : si l'escarre nécessite une prise en charge en établissement de soins (parage, chirurgie), les soins sont remboursés par la Sécurité sociale selon les tarifs en vigueur. Un forfait journalier hospitalier reste à la charge du patient (20 €/jour à l'hôpital — montant susceptible d'évoluer, voir ameli.fr). La chambre particulière n'est pas remboursée par la Sécu.
  • Matériel médical (LPP) : certains dispositifs de prévention et de traitement sont inscrits à la Liste des Produits et Prestations (LPP) et remboursés par la Sécu sur prescription — notamment les matelas et surmatelas anti-escarres et les coussins d'aide à la posture. Les bases de remboursement exactes par référence figurent sur ameli.fr ; nous ne les reproduisons pas ici pour éviter toute erreur de montant.
  • Pansements et dispositifs médicaux : les pansements spécialisés (hydrocolloïdes, alginates, interfaces…) prescrits et utilisés par un infirmier sont remboursés selon le tarif inscrit à la LPP.
  • Consultations médicales : la consultation du médecin traitant (secteur 1, tarif 30 € depuis décembre 2024) est remboursée à 70 % par la Sécu, soit 21 €, avec un ticket modérateur de 9 € pris en charge par la mutuelle.
  • Franchise médicale : 1 € par acte paramédical (infirmier, kinésithérapeute), plafonnée à 50 €/an, non remboursable par la mutuelle. Elle ne s'applique pas aux actes médicaux du médecin traitant.

ALD et prise en charge à 100 %

Certaines pathologies à l'origine d'une escarre — par exemple une paraplégie, une sclérose en plaques, un AVC séquellaire ou un cancer — peuvent être reconnues comme affection de longue durée (ALD). Dans ce cas :

  • Les soins directement liés à l'ALD (dont les soins d'escarres si le lien est établi) sont pris en charge à 100 % du tarif Sécu (exonération du ticket modérateur).
  • Les franchises médicales restent dues même en ALD.
  • Les dépassements d'honoraires (secteur 2) et la chambre particulière restent à la charge du patient ou de sa mutuelle.

Pour savoir si votre situation ouvre droit à une ALD, consultez votre médecin traitant. Vous pouvez aussi consulter notre guide sur la liste des ALD et leurs droits.

Aides à domicile et maintien à l'autonomie

Quand l'escarre survient dans un contexte de dépendance, d'autres dispositifs peuvent s'articuler avec la prise en charge médicale :

  • APA (Allocation personnalisée d'autonomie) : si la personne est en GIR 1 à 4, elle peut bénéficier d'une aide mensuelle pour financer l'aide à domicile (toilette, positionnement, surveillance), voire le matériel adapté. Les montants maximum 2026 varient selon le GIR (GIR 1 : environ 2 080 €/mois, GIR 2 : environ 1 682 €/mois — sous réserve de confirmation officielle). Renseignez-vous auprès de votre conseil départemental.
  • SSIAD (Service de soins infirmiers à domicile) : pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie sur prescription, sans avance de frais.
  • Complémentaire santé solidaire (CSS) : pour les seniors aux ressources modestes, la CSS peut prendre en charge le ticket modérateur et limiter fortement le reste à charge. Plus d'informations sur complementaire-sante-solidaire.gouv.fr.

Quelle mutuelle senior pour mieux couvrir les escarres ?

Ce que la Sécurité sociale ne couvre pas entièrement

Même avec une bonne prise en charge par l'Assurance maladie, plusieurs postes de dépenses restent à la charge du patient :

  • Le ticket modérateur sur les actes infirmiers et de kinésithérapie (40 % du tarif conventionné hors ALD)
  • Le forfait journalier hospitalier (20 €/jour, potentiellement tous les jours d'hospitalisation)
  • La chambre particulière en établissement de soins
  • Les dépassements d'honoraires (secteur 2) du médecin ou du chirurgien
  • Le matériel non inscrit à la LPP ou dépassant les plafonds de remboursement
  • Les compléments nutritionnels oraux (CNO) parfois nécessaires, selon les conditions de prise en charge

Ce qu'apporte une bonne complémentaire santé senior

Une mutuelle senior bien calibrée peut couvrir tout ou partie de ces postes :

  • Remboursement du ticket modérateur sur les actes infirmiers et de kinésithérapie
  • Prise en charge du forfait journalier hospitalier, sans limitation de durée dans les contrats les plus complets
  • Participation aux frais de chambre particulière
  • Couverture des dépassements d'honoraires (contrats de niveau 2 ou 3)
  • Forfait pour le matériel médical complétant le remboursement LPP
  • Aide psychologique : certaines mutuelles proposent un accès à des séances de soutien psychologique — utile en cas de dépression associée à la dépendance

Certains contrats incluent aussi des services d'assistance à domicile (aide ménagère temporaire, portage de repas) en cas d'hospitalisation ou de convalescence.

Les pathologies masculines chroniques : un contexte à ne pas négliger

Les hommes âgés souffrant d'un adénome de la prostate présentent parfois une incontinence urinaire qui aggrave le risque d'escarre et complique la cicatrisation. La prise en charge de ces comorbidités entre dans la même logique globale : Sécurité sociale + complémentaire santé bien adaptée.

Comment choisir sa mutuelle senior ?

Face à la diversité des contrats disponibles, quelques critères clés :

  • Niveau de remboursement de l'hospitalisation : forfait journalier, chambre particulière, durée illimitée
  • Couverture des soins infirmiers à domicile et de la kinésithérapie
  • Garanties pour le matériel médical (LPP)
  • Services d'assistance et de maintien à domicile
  • Absence de questionnaire médical pour les contrats collectifs ou certains contrats individuels senior

Les cotisations varient selon votre âge, votre lieu de résidence et le niveau de garanties choisi. Aucun tarif ne peut être présenté comme universel : seul un devis personnalisé vous donnera une vision réelle.

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Questions fréquentes

Une escarre est-elle remboursée par la Sécurité sociale ?+

Oui, les soins liés au traitement d'une escarre (soins infirmiers sur prescription, kinésithérapie, hospitalisation, matériel médical inscrit à la LPP) sont remboursés par la Sécu selon les taux en vigueur. Le reste à charge (ticket modérateur, forfait journalier…) peut être couvert par une mutuelle.

La prévention des escarres est-elle prise en charge ?+

Certains dispositifs de prévention sont remboursés sur prescription : matelas et surmatelas anti-escarres inscrits à la LPP, soins infirmiers de surveillance. Les bases de remboursement exactes sont disponibles sur ameli.fr.

Peut-on bénéficier d'une prise en charge à 100 % pour une escarre ?+

Si la maladie à l'origine de l'escarre est reconnue comme ALD (par exemple AVC, paraplégie, cancer), les soins liés à cette ALD sont pris en charge à 100 % du tarif Sécu. Les franchises médicales et les dépassements d'honoraires restent dus.

L'APA peut-elle financer du matériel anti-escarre ?+

L'APA est destinée à financer l'aide à domicile (aide humaine, matériel adapté) pour les personnes en GIR 1 à 4. Selon le plan d'aide établi par le conseil départemental, certains équipements ou aides à domicile liés à la prévention des escarres peuvent être inclus.

Les pansements spécialisés contre les escarres sont-ils remboursés ?+

Oui, les pansements spécialisés (hydrocolloïdes, alginates, mousses…) utilisés par un infirmier sur prescription médicale sont remboursés par la Sécu selon les tarifs inscrits à la LPP. Consultez ameli.fr pour les montants exacts par référence.

Qu'est-ce qu'un matelas anti-escarre et est-il remboursé ?+

Un matelas anti-escarre est un dispositif médical conçu pour réduire la pression sur les zones à risque (sacrum, talons…). Certains modèles sont inscrits à la LPP et remboursés par la Sécu sur prescription médicale. Le taux et la base de remboursement sont à vérifier sur ameli.fr.

La mutuelle peut-elle prendre en charge la chambre particulière lors d'un séjour pour escarre ?+

Oui, si votre contrat de complémentaire santé prévoit la prise en charge de la chambre particulière, celle-ci sera remboursée selon les modalités de votre contrat. Ce poste n'est jamais couvert par la Sécurité sociale seule.

Comment prévenir une escarre à domicile ?+

Les principales mesures sont : changer de position toutes les 2 heures (alité) ou toutes les heures (fauteuil), utiliser un matelas adapté, maintenir une bonne hygiène cutanée, assurer une alimentation et une hydratation suffisantes, et faire évaluer le risque par un professionnel de santé.

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Sources

Information générale à but pédagogique.Ce guide ne constitue pas un avis médical et ne remplace pas une consultation auprès d'un professionnel de santé. En cas de symptômes ou de doute, parlez-en à votre médecin.

Contenu informatif vérifié — ne constitue pas un conseil contractuel.